Le monde merveilleux des Bobos
Le bobo a du mal à assumer sa boboïtude.
"Ouais, tu vois-euh, nous les bobos-euh, personne nous aime-euh, j'veux dire-euh…"
(C'est la faute à ces s…. de la Bobosphère-euh !...)
Le magazine bobo ParisObs de cette semaine, essaye de réconforter ses lecteurs :

http://parisobs.nouvelobs.com/p319_2212/index.html
Morceaux choisis :
Petite conversation entre bobos Un samedi matin à Malakoff, le Montreuil des Hauts-de-Seine. Frédéric et Frédérique accueillent autour d’un thé deux paires d’amis : Gilles et Delphine, Annick et Nicolas. Les six ont entre 36 et 42 ans, sont photographe, chercheur en physique, graphiste, militante associative, agent de créateurs, chargée de com’. Les enfants sont là, Judith et Zoé, Lili et André, Ulysse, Marie et Tristan.
C’est parti.
ParisObs. – Alors, ce mot*… (*bobo)
Frédérique, contrite. – Une semaine que j’y pense. Il est quand même épouvantable.
Annick. – Faut l’assumer. Moi, je me sens tellement dedans ! Je me dis que le bobo, c’est
Gilles, acquiesçant. – Le bobo est victime de ses contradictions. Il aime l’école républicaine mais la contourne, il héberge des sans-papiers mais fait travailler des gens au noir, il pratique le peer to peer même s’il est lui-même artiste…
Annick. – Le bobo, c’est ce truc de ne pas revendiquer l’argent, de se sentir coupable du fric… Bohème ? C’est quoi, bohème ? Juste une couverture pour cacher sa bourgeoisie !
Delphine, ouvrant un autre débat. – Il y a cette différence entre nous, ici, et les purs bobos du 11 e , qui ne viendront jamais vivre en banlieue. Pour eux, ce serait un échec. Ils iraient à Montreuil, à la rigueur, et encore. Et puis ce sont des intégristes macrobiotiques chiants, qui bouffent un peu de graines et roulent à vélo. Mais il y a encore une autre catégorie, qu’on croise ici : les bobos de droite.
Annick. – Mais non ! Bobo et de droite, c’est incompatible ! Si tu votes à droite, tu n’es plus bobo !
Frédéric. – S’ils se sont installés à Malakoff, c’est bien qu’ils sont bobos. Sauf qu’ils sont venus par dépit, pas par choix.
Annick et Nicolas. – Ils ne sont pas là pour la ville, et ils n’ont pas cette conscience coupable de se sentir plus riches que les autres (sourire) . Donc, ils ne sont pas bobos. Un trader vivant à Malakoff peut-il être un bobo?
Delphine, persistant. – Oui. On peut être bobo et de droite. Evidemment. Ceux qui sont issus de la bourgeoisie traditionnelle, mais qui ont croisé des gens de gauche à la fac, tu vois ? C’est difficile de dire qu’un bobo doit être de gauche.
Nicolas. – Voilà quelqu’un qui s’apprête à voter Bayrou… (rire général).
ParisObs. – Et les immigrés ?
Delphine. – Je suis militante au Réseau éducation sans frontières, qui accompagne les familles sans papiers menacées d’expulsion. La solidarité existe entre bobos et immigrés. Regarde M., qui a accueilli deux jours une famille sans logement, S. qui a hébergé plusieurs semaines des réfugiés politiques.
Annick. – On est dans un confort bourgeois, mais on a du mal à supporter que des gens dorment dehors.
Delphine. – C’est plutôt les Malakoffiots de souche qu’on ne croise pas, qu’on ne rencontre pas.
Emmanuelle Walter http://parisobs.nouvelobs.com/p319_2212/dossier/a337837.html Le Bobo ne peut pas voter UMP On peut soutenir les enfants de sans-papiers et contourner discrètement la carte scolaire. Par ailleurs, le bobo a beau se rattacher à la tradition ouvriériste du Paris faubourien, rien ne le déstabilise plus qu’un prolo blanc, électeur du FN ou du PCF. Le pauvre du bobo, c’est l’étranger fraîchement immigré qui vit à ses côtés dans les cités HLM du Nord-Est parisien. Contrairement au prolo, l’immigré est une personne éminemment sympathique, avec qui vous pouvez entretenir une relation placée sous le signe du rapport interculturel… et non de la lutte des classes. …/…
Parisobs
Entretien avec le géographe Christophe Guilluy, auteur de l’“Atlas des nouvelles fractures sociales en France” (éditions Autrement). Et bobologue qui s’assume.
Le vote de gauche est consubstantiel à cette population. Même s’il s’inquiète des problèmes d’insécurité dans les cités qui l’entourent, le bobo est imperméable à l’idéologie sarkozyenne. S’il vote UMP, il se retrouve confronté à son image de bourgeois, et se trouve alors contraint d’assumer ce rapport de classes, qu’il n’a de cesse de vouloir effacer. Sa bonne conscience ne le supporterait pas.
Gurvan Le Guelec, Emmanuelle Walter
Parisobs
http://parisobs.nouvelobs.com/p319_2212/dossier/a337836.html
Le bobo peut dormir tranquille, la fracture sociale tient bon. Alors après ça, SVP,
arrêtez de nous traiter de bobos de droite !
"Parce que moi, tu vois-euh, Bayrou, j'peux pas-euh !..."